Le Pédagogue

Armand Pellegrin n’était pas seulement un collectionneur, un artiste, un décorateur mais aussi un véritable pédagogue. Inscrit dans un contexte où le maitre ou « maîss » d’école était l’homme du village qu’on se devait de respecter, lui choisit un tout autre chemin. Inspiré par la pédagogie de Célestin Freinet (1896-1966), il adopte une approche éducative plus douce et à l’écoute de ses élèves. Armand Pellegrin prône une pédagogie où l’enfant construit son propre apprentissage par la pratique du dessin, la construction de maquettes et des ateliers pratiques.

Grâce à l’expérience, l’élève devient ainsi acteur de son propre cheminement et construit sa propre réflexion. Armand Pellegrin n’hésitait pas également à utiliser ses trouvailles pour donner cours et pour animer ses ateliers. Ce dernier organisait aussi de nombreuses sorties pédagogiques dans le village. Pendant ces excursions, les élèves étaient amenés, comme le maîss, à collecter des objets qui devenaient à leur tour supports pédagogiques pour construire leur propre cahier des observations. Au terme de ces six années, l’enfant devenu adulte ressortait ainsi avec un bagage solide qui lui permettait d’aller travailler, c’est ce que nous appelons l’école pour la vie.

Mais, en plus, Armand Pellegrin par le choix d’une approche pédagogique plus humaine leur transmettait d’autres valeurs, d’autres savoirs-être qui firent de lui non seulement un instituteur mais aussi un éducateur. Contrairement à Maurice Dewolf, qui s’inscrit plutôt dans la vague de la pédagogie traditionnelle, Armand Pellegrin ne pratiquait pas la punition physique et les élèves surent détecter très rapidement son côté humain et ses faiblesses. Ainsi, la petite école des garçons d’Opheylissem devient un lieu d’enseignement par la pratique et l’expérimentation mais aussi un lieu où les collections deviennent des outils et des supports d’apprentissage.